Hommage à un Grand Gaulliste : Monsieur Philippe SEGUIN

Publié le par Anne Michel





Aujourd'hui, je suis triste car notre Pays a perdu en la personne de Monsieur Philippe SEGUIN, un Grand Homme politique, un Grand Gaulliste, un Grand Compagnon.

J'ai eu plaisir à rencontrer Monsieur SEGUIN à l'époque du RPR et je peux vous assurer que cet homme, notre Compagnon avait un coeur gros comme ça et qu'il faisait confiance en la jeunesse.
C'était une personnalité proche des gens et surtout à leurs écoutes.

Hommage à ce Grand Homme politique qui a toujours défendu ses convictions dans l'intérêt de la France et des Français.





Philippe Séguin est mort dans la nuit du mercredi à jeudi 7 janvier à  l'âge de 66 ans.

Il était une des figures les plus considérables de la vie politique française, gaulliste ombrageux, républicain talentueux qui présidait depuis 2004 la Cour des Comptes. Portrait.

Cet ancien ministre, ancien député des Vosges, ancien maire d'Epinal, ancien président du RPR, qui présida pendant cinq ans l'Assemblée nationale, déployait comme premier président de cette cour tous ses dons de rude censeur de dérives.
Une "personnalité forte, capable de résister, de dire non", selon Jean-Louis Debré, autre gaulliste, qui a salué ses hautes exigences.

Philippe Séguin avait ainsi été, contre une majorité de son camp, à la pointe du combat contre le traité de Maastricht en 1992.

"Le plus intelligent, le plus percutant, un jugement très sûr". Mais aussi "un rêve politique fracassé sur les réalités politiciennes", un caractère "compliqué", rendant difficile l'action, résumait un proche.

"Il passe du plus charmant au plus odieux", écrivait Nicolas Sarkozy de ce grand républicain, célèbre par ses emportements.

Sa plus retentissante démission avait été son départ de la présidence du RPR, en pleine campagne des européennes en 1999, laissant alors Nicolas Sarkozy et Alain Madelin achever la campagne.

Homme de haute stature, passant au fil du stress et des régimes de la taille L à XXL, Séguin avait une voix jupitérienne, de longs rires silencieux, une culture fine portée sur l'histoire, le cinéma, le sport, un style chantourné, ne reculant devant aucun subjectif.
En atteste cette phrase de ses mémoires "Itinéraire de la France d'en bas, d'en haut et d'ailleurs" (Seuil) : "j'aurais pu me demander à la longue si je n'eusse pas mieux fait de m'abstenir d'entrer en politique".

Dans son bureau de l'Hôtel de Ville de Paris trônaient des maillots de footballeur, ce sport étant une de ses passions. Publié en décembre, un des derniers rapports de la Cour des comptes préconisait la privatisation des stades.

Ce "gaulliste d'une espèce un peu particulière" expliquait avoir choisi le général parce qu'il prenait à la gauche et à la droite ce qu'elles avaient "de meilleur".
Ce qui lui permettait de dépasser ses propres contradictions : origines modestes, pied-noir - né le 21 avril 1943 à Tunis -, orphelin dont le père, héros, est mort quand il avait un an. Mais aussi participant d'une "tradition où le drapeau comptait, où l'on savait ce que nation voulait dire".

Ayant de grandes capacités à souffrir, note un proche, Séguin avait été "très secoué par la dureté de la campagne des municipales" parisiennes de 2001.
Campagne terrible où coups bas et balles perdues avaient plu au sein d'une droite vieillie, en perdition, qu'il n'avait pas été en mesure de rassembler. Où tous les jours, les Guignols de l'info le caricaturaient en masochiste éperdu.

Malgré ce naufrage, Philippe Séguin avait, après mars 2001, pris la présidence du groupe RPR, peu à l'aise dans ce rôle d'opposant en chef de Bertrand Delanoë.
Lui qui avait été, en 1995, un acteur majeur du succès final de Jacques Chirac à la présidentielle, avait en 2002 organisé deux meetings en sa faveur.

Mais hostile à la constitution de l'UMP, il ne s'était pas présenté aux législatives de juin, et avait démissionné du Conseil de Paris.

Philippe Séguin avait alors réintégré son corps d'origine, la Cour des Comptes, où il était entré après l'ENA (promotion Robespierre), et se partageait entre cette institution et le Bureau international du travail à Genève.
Il était donc resté en congé de la politique, sans mandat, sans parti, sans électeurs avant d'être nommé par Jacques Chirac premier président de la Cour des Comptes.



      Au revoir, Monsieur SEGUIN,
   VOUS ALLEZ VRAIMENT NOUS MANQUER






 

Publié dans Politique Nationale

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Benoit 08/01/2010 08:05


Un bel hommage....


Ramy 07/01/2010 21:45


JE PARTAGE VOTRE TRISTESSE ANNE .. DE PLUS C'ETAIT UN GRAND AMI A MON ONCLE ET J'AI EU LA CHANCE DE LE VOIR DEUX FOIS E TUNISIE ..... 


Olivier 07/01/2010 16:20



Un Grand Gaulliste, un des derniers  fidèles du Gaullisme vient de nous quitter.


Nous n’arrivons pas à le croire, comment cela est possible !


La République est en Deuil, les Gaullistes sont en Deuil !


La tristesse envahit nos cœurs, il a tant donné à notre Patrie, il a tant fait pour ses compatriotes.


A l’ancien Président du Non à Maastricht, à l’ancien Président de Demain La France........, à notre Compagnon  qui aurait eu le mérite d’être Président de notre République, nous refusons de
l’oublier et nous ferons tout pour préserver sa mémoire au fils des années.

Je me joins avec la tristesse de sa famille, de ses amis.


Cet hommage est trop court, veuillez m’en excusez car je suis sous le choc de cette nouvelle.


Il fut une de trois références du Gaullisme qui m’a donné envie de défendre nos convictions.Je vous invite à relire « Itinéraire dans la France d’en Bas d’en Haut et d’Ailleurs » aux Editions
Seuil, un livre émouvant.



Anne MICHEL 07/01/2010 13:25


Je vous publie ici un petit message  que j'ai reçu d'un élu socialiste de l'Agglomération :

"Voici un mot d’un petit élu socialiste à nos « adversaires » de l’UMP suite au décès de Monsieur Philippe Seguin : recevez mes sincères condoléances pour la triste nouvelle de la mort de votre
compagnon de route. La droite perd l’un de ses plus brillant Homme politique (avec un très grand H), la gauche un « contradicteur » de génie et la France un grand homme d’Etat. Amitié et respect
républicain."

Je laisse l'auteur s'identifier par la suite s'il le souhaite sur le blog mais je dois vous dire que j'ai été très touchée de son attention et lui ai en fait part directement.