A la Saint Fiacre, consacrons-nous aux Jardins Familiaux Annemassiens

Publié le par Anne Michel

Lors d'une promenade dans une autre ville, mon attention a été attirée par des jardins familiaux qui étaient remarquablement aménagés et entretenus.


Je me suis donc arrêtée et ai engagé le dialogue avec les heureux bénéficiaires tout comme j'ai eu l'occasion de le faire à Annemasse tant sur le plan privé que dans le  cadre de mon mandat d'Elue au Conseil Municipal.




Pour nous, leur intérêt dans une ville nous semble multiple :

- ils constituent un lieu de vie locale ;
- ils jouent un rôle important dans les loisirs et la vie familiale ;
- ils représentent un terrain de prédilection pour l'initiation à la nature et à la protection de l'environnement ;
- ils favorisent la vie sociale et associative ;
- ils constituent un moyen efficace de gérer l'espace périurbain et d'en mettre en scène et en valeur le paysage ;
- ils constituent un support de solidarité et de résistance à la précarisation, en permettant l'auto-approvisionnement ;
- ils sont un moyen positif de lutte contre l'inactivité forcée (chômage, retraite) ;


Déjà à l'époque, Marguerite Yourcenar avait résumé ainsi leur fonctionnalité  :
"offrir aux salariés un peu plus d’air pur, une aide alimentaire contre la cherté de la vie mais aussi une sorte de réhabilitation par le contact avec le sol."

Aujourd'hui encore, les jardins familiaux  sont l’occasion de développer du lien social à partir d’un projet collectif car ils sont porteurs de valeurs positives telles que : sociabilité et mixité sociale, valorisation des personnes, plaisir autour des pratiques de jardinage.


La crise et la remise en cause d’un certain modèle de développement font resurgir l’intérêt économique et alimentaire des jardins familiaux pour les populations défavorisées.
Parallèlement, les mentalités évoluent et les thèses écologistes ont un succès croissant. Les citadins sont de plus en plus en demande de nature, de qualité du cadre de vie, tandis qu’apparaissent les critiques contre un urbanisme trop fonctionnel source de mal urbain.


Ils permettent également d'offrir aux citadins en mal d'espace vert
 un peu de verdure et constituent à ce titre des espaces de liberté individuelle.

 

Ils sont l’occasion de développer du lien social à partir d’un projet collectif et donc porteurs de valeurs positives telles que : sociabilité et mixité sociale, valorisation des personnes, plaisir autour des pratiques de jardinage.

Pour une ville, ils présentent l'intérêt d'être à la fois facteur d'insertion pour les populations défavorisées et lieu de loisirs et de convivialité pour tous.

De même parce qu'ils  représentent pour les collectivités locales un outil d'aménagement et un élément de valorisation du paysage urbain, leur intérêt social, économique, urbanistique ou environnemental est de plus en plus admis et reconnu. 


Les jardins familiaux présentent pour leurs bénéficiaires un intérêt économique certain non négligeable surtout en ces temps de crise économique.


Ils permettent également de favoriser l’accès à une
alimentation saine pour les ménages les plus modestes,
ménages que l'on rencontre dans notre ville d'Annemasse.
La proximité de la frontière avec la Suisse implique un coût de la vie élevé dans notre Ville.
Il n'est donc pas rare de voir des ménages travaillant sur France rencontrer des difficultés financières ce qui implique systématiquement des carences au niveau alimentaire entre autre.



Ce besoin pourtant fondamental au même titre que l’accès au logement ou à l’éducation, n’est pas respecté pour certains types de ménages.
Le prix élevé des marchandises,  la limitation du pouvoir d’achat lié à la crise économique sont d'autant de facteurs expliquant que des personnes à faible revenu ne puissent plus subvenir à leur besoin alimentaire. 

Ainsi avec les jardins familiaux,  nous pourrions éviter d'avoir recours à des circuits de production et de distribution complexes qui pourraient poser des problèmes de santé (engrais) et entraîner une production uniformisée et de mauvaise qualité.


Par les jardins familiaux, 
l’éducation à l’environnement et l’apprentissage au « bien manger »
se trouvent favorisées.



Sur le plan environnemental, nous sommes d'avis que les jardins familiaux ou collectifs contribuent à développer ou sauvegarder la trame verte et constituent ainsi un des élément d’amélioration du cadre de vie des habitants.

Ainsi, il est permis de diffuser des pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement, ce qui pourrait se faire en collaboration avec les techniciens des espaces verts de notre ville, sur lesquels nous avions préalablement "tirer notre chapeau" sur leur travail, avec la mise en place d'une gestion économe de l’eau, de l'utilisation de compost, et de la biodiversité....


Nous pensons également que des initiatives pourraient être prises avec des enseignants des petites classes et des animateurs qui pourraient utiliser des parcelles éducatives comme support pour apprendre aux enfants à respecter l’environnement.
Pour exemple, j'ai rencontré une maman qui m'a dit : " Je me sers du jardinage pour sensibiliser les enfants à la protection de la nature".

Ainsi avec le compostage des déchets végétaux du jardin qui impose aux enfants de faire un tri sélectif, le jardinage peut servir de déclencheur à l’acquisition de la notion de tri et de recyclage.
A l'heure, où le tri sélectif n'est pas assez encouragé par notre municipalité, ce moyen pourrait permettre de sensibiliser davantage la population.



Sur le plan social, les jardins familiaux présentent également des intérêts non négligeables, nous en sommes persuadés et convaincus
Ainsi, une politique d'« insertion » de personnes difficiles connues des services municipaux, de police pourrait être proposée en lien avec les structures d’insertion présentes sur le territoire.


De même, ces jardins familiaux permettraient de créer dans les quartiers un lieu de rencontre, un lien social entre les générations.
C'est ainsi qu'en discutant avec une des personnes qui assurait l'entretien de sa parcelle en enlevant les mauvaises herbes, celle-ci me dit :
"vous savez, on y trouve de tout dans ces jardins : des personnes âgées, des jeunes, des couples, des gens seuls et des enfants.
 Je trouve que c'est une ville en miniature."
 

De même, lorsqu'ils sont intégrés à des opérations de requalification de grands ensembles urbains, leur intérêt réside aussi dans leur rôle socialisant d’espaces communautaires.
A travers la convivialité et la vie
associative qu’ils génèrent, ils peuvent être les instruments d’une politique d’insertion sociale et une réponse au « mal des quartiers », comme c'est le cas à Anmemasse.

 

De lieu de production, les jardins familiaux pourraient ainsi voir leurs fonctionnalités évoluer et devenir un élément social d’équilibre.



Sur le plan éducatif, nous pensons qu'il serait judicieux de développer des parcelles pédagogiques en partenariat avec l’Education Nationale.
Les enfants des écoles maternelles ont tout à découvrir de la nature. C’est particulièrement vrai pour les jeunes enfants des grands ensembles. Le constat des enseignants que j'ai rencontré est unanime : "La première fois qu’ils viennent au jardin, ils ne savent pas comment se présente une plante”.


 

Le jardin est un formidable outil pour faire découvrir et apprendre aux jeunes enfants : "Au fur et à mesure que l’on jardine, que l’on plante, que l’on sème, ils connaissent plein de choses et sont beaucoup plus proches de la nature".
Le toucher de la terre, l’observation semaine après semaine du développement des plantes, et l’apparition des fleurs, des fruits et des légumes sont sans égal sur le plan pédagogique : "Les enfants qui manipulent et vivent concrètement les situations les comprennent beaucoup mieux ".

 

En cultivant eux-mêmes les végétaux, ils trouveront un plaisir certain à les déguster et par la même occasion leur apprendre les rudiments d'une alimentation équilibrée.

En créant des parcelles pédagogiques, nous sommes persuadés que les responsables d’associations et les élus locaux peuvent avoir l'opportunité de favoriser des échanges entre générations dans ces lieux privilégiés que sont les jardins familiaux.

 

  Ces parcelles sont des espaces de verdure dans une ville, certains jardins peuvent revêtir la forme d'œuvre d'art dans lesquels se mêlent toute une variété de légumes, voir des fleurs.


Sur le plan urbanistique
, ils permettent nous semble-t-il de proposer une alternance.
Ilots de verdure, ces jardins participent à l’équilibre de la ville, au maintien de la trame verte urbaine. Tirant parti du moindre espace interstitiel, ils évitent que les espaces inoccupés soient transformés en décharges.

On trouve ainsi des jardins le long des voies de chemin de fer, sur les terrains en bordure d’autoroute, sur les zones trop pentues pour être constructibles. Ils permettent en quelque sorte une optimisation de l’espace.
Pourquoi à Annemasse n'a t-on pas permis le temps de la réalisation des mauvais projets de la ZAC Etoile et de la ZAC de Chablais-Gare ou Parc, la mise en place quelques parcelles au lieu d'avoir laissé pendant toutes ces années aux  résidents des visions d'horreur de friches.




A l'issue de  ce billet concernant les jardins familiaux qui, nous le pensons, mériteraient davantage être repensés, des questions demeurent encore sans réponses :










- Les jardins familiaux doivent-ils conserver seulement un aspect vivrier ou doit-on étendre leur fonctionnalité en accordant que des fleurs et un coin de repos y soient présents ?


- Quels contrôles sont effectués par les services afin de surveiller que les plantations soient bien à usage personnel et non commercial ?

- Qui assure dans notre ville la gestion des jardins familiaux sachant que le code rural dispose que ces jardins ne peuvent être gérées  que par des associations dites loi 1901 ?

- Comment les parcelles parcelles sont-elles attribuées ?

- Quels sont les critères d'attributions pour avoir droit à une parcelle ?
   Sont-ils financiers ?
   Tiennent-ils comptent de la situation familiale ? 

- Que représente la somme de 40,00 € correspondant au prix de la location annuelle ?
  
- Qui paye la consommation d'eau et à quel montant la facture s'élève -t elle ?

- L'eau pour l'arrosage provient-elle de la récupération de l'eau de pluie ?




- Pourquoi n'est-il pas prévu aux jardins familiaux d'Annemasse des abris pour permettre aux bénéficiaires d'y laisser leurs outils ?

- Pourquoi depuis des années aucun aménagement n'a été effectué aux jardins familiaux ?
   Quelques bancs pour les personnes âgées, une balancoire pour les gamins par exemple.

- Pourquoi aucun compte-rendu n'est transmis à l'issue des différentes commissions aux administrateurs ?


Autant de questions qui demeurent aujourd'hui sans réponse, mais rassurez-vous nous continuons nos recherches.




Vous disposez d'une parcelle de terrain, venez témoignez,
Vous êtes sur une liste d'attente depuis des années, venez témoignez,
Venez nous faire partager tout simplement le plaisir d'avoir un lopin de terre en pleine ville.

Nous attendons vos témoignages.





Publié dans Politique Municipale

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MAX. 07/09/2009 09:15

-AVIS A LA POPULATION-Dans le "Dauphiné" de ce lundi,on apprend entre autre que notre président éternel du VUACHE AUX VOIRONS ne veut plus que l'on parle de PALAIS a propos du siege de l'agglo ! donc attention au vocabulaire, les vacances n'ont pas  l'air d'avoir  favoriser la tolérance mais ça on s'en doutait,pas un mot par contre sur la clinique semi publique du Brouaz dont les travaux devaient commencer fin 2009 pour etre terminés en 2012 ! (pourtant a l'origine...)Par contre les vols et méfaits (VTT,ESSENCE,GROUPES ELECTRO,BATTERIES, sans compter le reste eux ne s'arretent pas dans le périmetre) mais au vue de l'état de délabrement du quartier rien de vraiment étonnant,merci mr le maire,de bien vous occuper de ce secteur.MAX.

Anne MICHEL 06/09/2009 21:09

@Fille de zeus, Louis, Manu, Miley, et les autres,Merci de votre soutien indéfectible.Parce que le travail d'Elu(e) de l'opposition ne se fait pas seulement au Conseil Municipal, nous vous proposerons et développerons dans les prochains billets tout comme les précédents. des thèmes issus de notre travail sur le terrain au contact des Annemassiens.
Cordialement,

LE REVERBERE 06/09/2009 11:43

Tres bonnes nouvelles ce matin,les résistants de la vingt-cinquieme heures se mettent au blanc,quand on connait les dégats sur les neurones de ce breuvage,déja qu'il ne doit plus leurs en rester de trop c'est plutot de bonne augure pour la suite !

Lilou 06/09/2009 11:27

Bonjour Anne et Pierre,Je vous remercie pour vos réponses. J'avais oublié qu'il était illégal d'utiliser des terrains lorsqu'on en a exproprié les propriétaires, mille excuse.Pour le quartier du Vernand, les personnes qui l'empruntent en voiture doivent modérer leur conduite : rouler à 50 et non à 90 km/h, merci pour les piétons qui n'ont pas de trottoirs !Bon dimanche et à bientôt, cordialement, Lilou

MICHEL 05/09/2009 10:36

Madame Michel bonjour,La cabale et les calomnies distillées ça et là par des gens qui se disent de votre famille me fait penser aux fameux listings fabriqués dans le but de nuire au Président de la république par les memes genres de courageux,quand on connait le résultat qu'ils continuent la suite est écrite.Vous avez mon total soutien ainsi que pas mal de personnes de mon entourage,dont beaucoup ne voulaient plus aller voter pour les municipales.MICHEL. habitant rue du Vernand.ps. On a compté 3 conseillers municipaux habitants au Vernand,aucun n'a réussi a faire refaire cette rue qui est dans un état lamentable depuis des années,avec les nouveaux immeubles cela devient dangereux et non sécurisé pour les pietons,il serait bien de rénover un peu ce secteur.MERCI ET A BIENTOT.