La France dans l'Otan : le choix de la responsabilité par Michèle ALLIOT MARIE

Publié le par Anne Michel

Notre Ministre de l'Intérieur et Ancienne Ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie soutient la décision du Président de la République de faire revenir la France dans le commandement militaire de l'Otan.

 

 

Le 3 avril prochain, la France rejoindra-t-elle le commandement militaire de l'Otan ?
Aujourd'hui, cette perspective suscite des polémiques.

 

La France participe pourtant depuis 1949 à l'Otan, alliance de pays européens et nord-américains pour faire face à une agression majeure visant un de ses membres.

En 1966, elle s'est retirée du commandement militaire.

Son retour envisagé dès 1995 s'était heurté au refus des États-Unis de reconnaître notre place par l'attribution d'un des grands commandements.

 

Gaulliste de conviction, Ministre de la Défense pendant cinq ans, aujourd'hui Ministre de l'Intérieur, Michèle ALLIOT-MARIE est sensible aux inquiétudes dès qu'un sujet engage la souveraineté du pays ou l'avenir de notre nation.

 

Michèle ALLIOT-MARIE le dit sans ambiguïté : "les craintes ne sont pas fondées dès lors que les conditions posées par le Président de la République seront satisfaites".

 

Éviter les facilités démagogiques, c'est d'abord rappeler des réalités.

 

Première réalité : c'est en 1966 que le Général de Gaulle a jugé nécessaire de quitter le commandement militaire de l'Otan. Entre 1958 et 1966, la France gaulliste y participait donc.

Pourquoi l'avoir quitté ?

Essentiellement pour préserver notre pleine autonomie sur le programme nucléaire naissant, gage de notre indépendance.

 

Aujourd'hui, la force de dissuasion nucléaire française existe et, à la différence de 1966, nous pouvons participer au commandement militaire sans renoncer en rien à notre souveraineté entière sur l'arme nucléaire.

 

Deuxième réalité : la France est membre de l'Otan. Contrairement à une idée reçue, elle ne s'en est jamais retirée !
Elle en est même l'un des principaux contributeurs en hommes et en financement.
Elle a exercé le commandement des forces au Kosovo de 2004 à 2005, en Afghanistan en 2004, sans que quiconque, parmi les protestataires du jour, y trouve à redire. Paradoxe : elle n'a pas de poste dans le commandement militaire.

 

Troisième réalité : l'Otan prend ses décisions à l'unanimité. L'opposition d'un seul de ses membres interdit son engagement. En aucun cas, la France ne saurait donc être obligée de participer à une opération contre son gré. Il est foncièrement faux d'évoquer un alignement automatique sur nos alliés américains. La preuve, s'il en était besoin, c'est que lorsque les États-Unis ont décidé d'engager la guerre contre l'Irak, l'Allemagne, membre à part entière de l'Otan, a refusé d'y participer.

 


Ces réalités rappelées, que signifie la présence de la France au sein du commandement militaire ?

 


Dans le commandement de l'Otan, la France élargira sa capacité d'action sur le plan militaire et diplomatique, elle aura les moyens de peser plus sur les choix stratégiques.

 

En participant à toutes les structures, il devient possible d'exercer une réelle influence non plus seulement sur les décisions, mais aussi et surtout sur la conduite des opérations. Notre vision, notre savoir-faire dans le rapport aux populations, ce que nos alliés appellent la « French touch », pourra être prise en compte en amont et dans le déroulement de toute intervention.

 

Nos responsabilités seront ainsi davantage en conformité avec la réalité des moyens militaires que nous déployons.

 

Il devient possible de peser plus pour faire évoluer l'Otan vers un fonctionnement plus souple, plus simple, plus réactif. Renforcée en son sein, la France aura demain la capacité à peser réellement sur cette transformation.

 

Le monde de 2009 n'est pas celui de 1949 ou de 1966. L'Otan de 2009 n'est plus celle de 1949 ou de 1966. Son champ géographique d'action est plus large, ses cibles plus précises, son besoin de réactivité plus grand.

 

Avec la fin de la guerre froide, puis de l'Union soviétique, le sens et les missions de l'Otan devaient être redéfinis.
Lorsque la France a accepté en 2003 que l'Otan intervienne en Afghanistan, elle lui a permis de refonder son ambition : affirmer la solidarité de nos démocraties et défendre leurs valeurs face aux nouveaux risques du monde et d'abord le terrorisme. Consolider notre place au sein de l'Otan, c'est aussi renforcer notre action contre le terrorismequi nous menace pas plus mais pas moins que les autres.

 

Bien sûr, notre présence dans le commandement militaire dépend de la satisfaction des conditions rappelées par le président de la République en septembre 2007.

 

La première d'entre elles, c'est la garantie de notre indépendance.

 

Nul ne songe à remettre en cause la règle du consensus qui garantit notre liberté d'engager ou non une opération au titre de l'Otan. Quelle idée méprisante de la France se font ceux qui prétendent que ses dirigeants pourraient céder à des pressions. Le renforcement du contrôle parlementaire français sur l'engagement de troupes en opérations constitue de plus désormais une garantie supplémentaire.

 

La souveraineté nationale sur la force nucléaire est la base intangible de notre indépendance.
Personne ne la discute.

 

Deuxième condition, la reconnaissance de la Défense européenne comme pilier de l'Alliance.

 

Il est revenu à Michèle ALLIOT-MARIE, en 2003, de participer à la création de la première force européenne autonome en République démocratique du Congo.
Depuis lors, les missions se sont multipliées, à l'extérieur et à l'intérieur de notre continent. La création des GT 1500, de l'Agence européenne de l'armement, de la force européenne de gendarmerie, de la cellule de planification lui a donné les structures de son opérationnalité.

 

L'Europe de la Défense est aujourd'hui une réalité : elle est déployée au Tchad et dans le golfe d'Aden contre la piraterie. Elle n'est nullement contradictoire avec l'Otan. Les nations européennes de l'Otan sont à peu de chose près celles qui composent l'Europe de la Défense. Une vraie complémentarité peut s'organiser. Les conflits actuels et probables sont suffisamment nombreux pour qu'on ne se dispute pas le « privilège » de participer à leur règlement.

 

Et les réticences de certains pays européens à faire les efforts nécessaires pour renforcer la Défense européenne seront d'autant plus faciles à surmonter qu'ils auront l'assurance que celle-ci ne se construit pas contre l'Otan.

 

Troisième condition fixée par le président de la République : la juste reconnaissance de notre poids dans l'Europe de la Défense et l'européanisation de l'Alliance.

 

Elle passe par l'attribution de grands commandements. C'est là que se mesurera la reconnaissance des alliés de notre rôle dans la sécurité commune.

 



La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'Otan n'est donc pas le choix d'un quelconque renoncement. Au contraire ! C'est celui de la responsabilité assumée sans aucun complexe. Il répond pleinement aux défis du XXe siècle, à la volonté de défendre collectivement les valeurs qui unissent nos démocraties, dans la fidélité à l'une des plus fortes exigences du gaullisme : le refus de la fatalité et la grandeur de la France.

 



Source Le Figaro

Publié dans Politique Nationale

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PIERREDESAVOIE 19/02/2009 09:16

SOPHIE bonjour,

Tu dit que le mur est tombé,c'est vrai qu'Il n'est plus là mais tu crois que dans les tetes de ceux qu'il l'ont imposé il n'existe plus ?

Bien sur que çi,regarde la façon de traiter les journalistes en RUSSIE ou les dissidents encore
aujourd'hui !

Le proces de l'ancienne journaliste assasinée
ANNA POLITKOVSKAIA ou des menbres du FSB
(ex KGB) sont impliqués se termine sans que le
pouvoir soit mis en cause,rien n'a changé sur le fond,la forme peut etre car ils sont assez malins pour ça,ne tombe pas dans le piege !

Il ne faut pas baisser la garde,montrer sa force pour ne pas avoir a s'en servir et n'oublie jamais que le communisme a visage humain n'existe pas,il est intrinsequement pervers et change de visage quand les circonstances l'exiges.

Pour l'instant la France tient son rang et quand
il faut dire NON comme l'ancien premier ministre
a la tribune de l'ONU, on dira NON !

bonne fin de semaine
pierre.

Sophie F 18/02/2009 22:33

Propagande gauchiste ?, non pas venant de ma part tout de même ! Erebus !
N'as tu pas perdu assez de frères d'armes en Afghanistan ? Quand l'OTAN va demander à la Nation d'en renvoyer un bon régiment ? Cela ne me réjouit pas, ma crainte se situe principalement ici, avec notre adhésion prochaine.
On dira un jour que Jacques CHIRAC était un très bon Président,parce qu'il nous a évité la guerre, et c'est déjà énorme.
l'OTAN, force de dissuation Europénne oui, l'OTAN, si c'est la France de façon souveraine qui décide oui
l'OTAN, si c'est pour se rallier à des conflits de manière forcément obligatoire, non
... les murs sont tombés, surtout UN ! ne n'oublions pas.

Thomas d'Acquin 18/02/2009 19:11

Lilou,

Tu sais l'ancienne Yougouslavie "appartenait"
depuis la fin de la deuxieme guerre au bloc de l'est ou en tout cas etait "sous influences" socialo communistes malheureusement pour le peuple,c'etait le traité de YALTA ou la France
n'etait pas invitée,apres les communautés se sont déchirées avec tout ces drames mais
l'OTAN ne pouvait pas attaquer la Russie pour
cette raison ni meme intervenir militairement et officielement ,c'est a l'Europe d'intégrer
ces peuples et pas a l'OTAN d'intervenir,mis a part le Kosovo etat voyou les autres serbes,croates
ou macédoniens finiront bien par se supporter
enfin je le souhaite,c'est pour ça qu'un traité international d'aides ou d'alliances doit etre
anticipé et non fait a chaud !

THOMAS.

Lilou 18/02/2009 17:45

Bonjour mon Pierrot,
Justement je me demande si l'OTAN n'a jamais foulé les terres de la belle ex-RUSSIE ? Parce que si c'était le cas, je ne pense pas qu'il y aurait un procès en ce moment et qu'il y aurait eu autant de morts.
Cordialement, Lilou

pierredesavoie 18/02/2009 12:45

SALUT LILOU,

Je comprend ce que tu dit et c'est vrai que les guerres sont a évitées au maximum,comme disait
le celebre et ancien maire de NICE,"la différence entre la France et l'Allemagne est que nous on ne s'est toujours pas remis de la guerre de 14-18, et il avait bien raison,pas le moindre petit village sans son monument aux morts !

-ET CELA EST A EVITER A TOUT PRIX-

Il faut mieux l'OTAN que ceux d'en face,imagine toi que les popovs soit soudainement pris d'un coup de folie (pas le premier) crois tu que notre pays seul pourait faire face je pense que non et un pacte de soutien mutuel entres nous
n'est un luxe et se fait depuis des siecles.

Allez cordialement et une pensée a ceux que le rideau de fers et ses tortionnaires ont brisés

PIERRE.